🎯 La vraie question qu'on évite Dans un article précédent, je défendais une idée simple : on ne manque pas de développeurs, mais d'entreprises prêtes à les accueillir correctement. On parle beaucoup de pénurie. Beaucoup moins de transmission, d'onboarding, de conditions réelles d'apprentissage. Cette réflexion m'a conduit à une autre question, plus discrète, mais tout aussi structurante 👇 Sur quoi repose réellement la valeur d'un développeur, quand les organisations peinent à jouer leur rôle ? 💻 Coder correctement n'est plus un critère, c'est un prérequis Produire du code qui fonctionne est devenu plus courant. Dans beaucoup d'équipes, ce n'est plus ce qui fait la différence. Coder correctement est devenu un prérequis. Pas un critère. Dans beaucoup d'équipes, deux développeurs peuvent livrer un résultat techniquement satisfaisant. Et pourtant, ils ne sont pas perçus de la même manière. La différence ne se joue pas seulement dans le code. Elle se joue dans ce que ce code fait au travail autour de lui. Dans sa lisibilité. Dans sa capacité à être repris. Dans les décisions implicites qu'il fige, parfois sans débat. 🎠La charge invisible qu'on ne nomme jamais Quand le cadre est fragile, quand la transmission est faible, quand les responsabilités sont floues, on attend implicitement de certains développeurs qu'ils fassent correctement ce qui fait pourtant partie du métier : Comprendre le contexte. Relier la technique aux usages réels. Poser les questions nécessaires. Le problème, ce n'est pas que ces attentes existent. C'est qu'elles s'exercent dans des cadres qui ne donnent pas toujours les moyens de les assumer. Pas parce que c'est explicitement leur rôle... Mais parce que, sinon, personne ne le fait 🤷♂️ 🔍 Ce qu'on valorise vraiment (sans le dire) Ce déplacement n'est pas neutre. Il crée des attentes implicites, des critères de valeur rarement formulés. Parfois aussi une forme d'injustice silencieuse, parce que cette charge n'est ni reconnue, ni répartie, ni discutée. Certains développeurs sont valorisés non pas pour ce qu'ils produisent, mais pour ce qu'ils absorbent : le flou, les non-dits, les angles morts de l'organisation. 👉 Tant que ces attentes resteront implicites, les entreprises continueront à appeler "talent" ce qui est en réalité une capacité à encaisser le désordre. 🧩 Le vrai problème : une responsabilité collective Si coder ne suffit plus à faire la différence, ce n'est pas parce que la technique aurait perdu de la valeur. C'est parce que, trop souvent, elle doit compenser ce que les organisations n'assument plus assez clairement : la transmission, la clarification, la responsabilité des décisions. Et ça, ce n'est pas un sujet de performance individuelle. C'est un sujet de responsabilité collective, et tant qu'il restera implicite, il continuera d'user les mêmes profils 🧩 💠La question finale Si coder ne suffit plus à faire la différence, qu'est-ce que nos organisations attendent vraiment des développeurs… sans toujours le formuler clairement ? (Dans la continuité de l'article : « Il ne manque pas de développeurs. Il manque des entreprises prêtes à les accueillir. »)